Le Sens du Jeu

Cultivez votre sens du jeu dans un univers
de plus en plus automatisé

Inspiré de l'œuvre de Jean-François Vézina

Le 29 juin 2012, les derniers gardiens de phare ont rendu leurs clés

En ce jour brûlant de l'été, les deux derniers gardiens de phare de France ont rendu la clef du Cordouan, le plus ancien phare du pays. Depuis cette date, tous les phares de la planète sont automatisés. Tous les « enfers » — ces phares de haute mer — sont mécaniques.

Les gardiens de phare ont disparu parce qu'on les considérait inutiles et dépassés. Ils ont été remplacés par des étoiles artificielles qui nous dictent plus efficacement quoi faire et où aller.

« Nous avons besoin de gardiens de phare bien vivants pour surveiller la mer et ses humeurs, comme nous avons besoin des abeilles pour veiller naturellement sur les fleurs. »

C'est de cette disparition qu'est née une idée : et si nous pouvions prendre la relève ? Et si chacun de nous devenait un gardien de phare d'étoiles — veillant sur un petit univers dans lequel des étoiles viennent jouer avec la vie sous toutes ses formes ?

Un gardien de phare d'étoiles

Dans cette fable, de petites étoiles tombées dans la mer viennent jouer avec la vie en se déguisant sous toutes ses formes. Le gardien de phare d'étoiles les guide vers le cœur de chaque être vivant.

Chaque étoile a une voix unique qui enchante la Terre — une voie propre vers le cœur d'un poisson-chat, d'une tortue, d'une abeille, d'un oiseau… et surtout, vers celui de chaque enfant où elle s'accroche comme un cerf-volant.

Les phares d'étoiles guident par deux moyens : la lumière de la lanterne qui indique la direction, et la musique, car les étoiles affirment que sans la musique, la vie serait une erreur.

Le « je-U »

Notre « je-U », c'est notre point de vue unique sur le grand « U » de l'Universel. C'est notre façon unique de laisser passer la lumière de notre petite étoile — et ce jeu de lumière ne se fera qu'une seule fois dans toute l'histoire du monde. Chacun de nos petits « je » sera une sentinelle de l'Universel. Nous formerons alors un grand « je-U » en réseau, dans lequel nous pourrons éclairer notre petit coin d'Universel et nous guider les uns les autres.

Les trois dimensions du jeu

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L'espace en nous

C'est le jeu qu'on se donne pour créer notre vie. Le lest que l'on donne à notre identité pour que notre petite étincelle de folie puisse s'exprimer librement dans le monde.

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L'espace qu'on donne à l'autre

Le jeu que nous donnons aux autres pour qu'ils soient aussi eux-mêmes. Donner du jeu à quelqu'un pour qu'il puisse bouger entre nos préjugés est le plus beau présent qu'on puisse offrir.

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L'espace entre nous

Le génie caché dans l'espace entre nous. Le jeu et le feu qui émergent du choc et des rencontres avec les autres, et qui favorisent la création d'idées nouvelles.

Et une quatrième dimension, celle du temps. Notre temps de jeu est d'environ une centaine d'années — d'où le titre : Tout se joue avant 100 ans.

Les cinq sens des étoiles

Le sens du jeu

Les étoiles ont le sens du jeu particulièrement développé. C'est pourquoi elles ont besoin de jouer à se déguiser et ont besoin d'obstacles et de défis pour alimenter leur lumière.

Le sens de l'unique

Chaque étoile est unique. Il n'y a jamais eu deux étoiles filantes exactement semblables, comme il n'y a jamais eu de flocons de neige semblables depuis la nuit des temps.

Le sens opposé

Les étoiles sont porteuses des grands opposés de la vie. Derrière chaque star qui veut s'envoler vers le ciel se trouve, dans l'ombre, un rat qui la pousse vers le sol.

Le sens artistique

L'étoile filante tisse inlassablement la vie. De la naissance à la mort, les étoiles tissent une immense toile dans le monde — une œuvre d'art vivante et en perpétuel mouvement.

Le sens de la vie

Lorsqu'une forme de vie est épuisée, l'étoile coupe son lien avec le cœur et continue de tisser sous une autre forme. Les pertes permettent aux nouveaux nœuds uniques de se former.

Trois idées phares

Voici les trois idées qui guident tout gardien de phare d'étoiles

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Cherche l'unique dans le multiple

Dans une pluie d'étoiles, il y a des milliards de voix uniques. Dans une vague, des milliards de gouttes d'eau qui chantent. Un bon gardien de phare met en lumière et rend unique tout ce qui se présente à lui.

2

Désire la nouvelle forme de vie dans ce que tu as perdu

Tout ce que nous perdons forme une paire avec quelque chose de nouveau à retrouver. La vie se déguise et change de forme constamment. Rien ne se perd, rien ne se crée — mais rien ne se paire sans sacré.

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Devant un obstacle, cherche le troisième côté

La vie est tri-côté : le bien, le mal et le vivant. Lorsque nous sommes contre un mur, nous sommes tout près de cette chose. Et le troisième côté d'un mur, c'est aussi le ciel. Comme dans le mot « refusée », il y a le mot « fusée » qui est caché.

Inattendre

S'attendre à tout. Étendre l'horizon de ce qu'on attend. Car un bon gardien de phare sait qu'il y a des trésors cachés dans les mines de rien. Lorsque l'horizon de son attente est trop étroit, il dira qu'il n'y a rien. Or il se passe une foule de choses dans ce rien-là.

L'art de s'ennuyer

L'ennui est une matière obligatoire à l'école des gardiens de phare d'étoiles. L'art de bien s'ennuyer prépare à faire face aux longues veilles et à l'inévitable solitude de la vie sur Terre. Il permet de contrer l'hyperstimulation de notre époque et de développer l'imagination.

Pour bien s'ennuyer, le gardien apprend à déshabiller les habits de l'habituel pour voir la vie à l'œil nu.

Les nuages de l'Île Faut

La peur forme une masse nuageuse de « il faut » qui limite l'horizon de notre jeu. L'Île Faut est un passage obligé pour purifier notre désir — un lieu où l'on ajuste ses idéaux à la réalité.

Pour transformer cette vapeur de peur en énergie, il faut nettoyer sa lanterne régulièrement — cette lanterne qui est notre attention au monde, notre point de vue unique.

Jouer ensemble « pour de vrai »

L'écho-création est l'inverse de l'ego-création. Elle implique de prendre conscience de la portée collective de chacun de nos gestes et de nos créations. Nous avons tous le pouvoir de créer quelque chose, à notre niveau, qui produira un effet à d'autres niveaux de notre société.

Le mot inventé pour décrire ce sentiment : la « j'oie » — le sentiment qu'on éprouve à jouer librement dans un jeu plus grand que soi, comme les oies sauvages qui forment ensemble une grande volée. Chaque oie offre son chant unique à la volée qui la propulse en avant.

« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres. Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer. »

— Antoine de Saint-Exupéry

« Dans quel état vais-je laisser mon petit coin du terrain de jeu après avoir joué ma partie sur Terre ? »

Le sens du jeu se propage maintenant comme un virus partout autour de vous.
C'est la fin de notre partie ensemble — et le début de la vôtre.